STREET ART – DHOA (Interview Magazine Mouvements Libres n°2)

Double H Original Artiste : Peintre Graffeur


Il a deux univers dans sa pratique artistique. Le graffiti et la peinture sur toile. Deux styles différents à cause du support et du contexte. Mais l’un et l’autre sont indissociables. Il a fait des études artistiques, suivit d’une mise à niveau en art appliqué à Paris, puis trois ans au beaux arts de Bourges. Il a eu un apprentissage académique du dessin et de la peinture, influencé par quelques références en art abstrait (Turner, Kandinsky, Wols…), mais aussi par Van Gogh, Magritte, Matisse, ou Picasso. Il aime le côté brut et spontané du tag et du graffiti (qu’il découvre à l’âge de 17 ans). Ces contradictions de styles et de genres l’ont amené à trouver un équilibre entre une peinture appliquée et une autre plus libre.
Il s’installe à Rouen pour se consacrer entièrement à sa passion. Aujourd’hui, il cherche à faire connaître son travail et à l’exposer. De temps en temps, il fait des décorations ou des visuels pour des groupes de musique.

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Que te procure de peindre sur les murs ?

« Je peins les murs parce que c’est du grandeur nature. On peut s’exprimer en prenant de la place. Contrairement à la toile, on n’est pas réduit dans nos mouvements. On intègre l’espace, on joue avec. Cela permet de faire parti du décor. Je suis plus tourné vers les spots abandonnés, il ne faut pas oublier le côté authentique, plus « boarderline » (lignes de train, ponts, autoroutes, etc.) incontournable quand on pratique cette passion. Pour moi, c’est aussi important que les terrains vagues. Etre présent dans l’espace public c’est une manière d’exister dans le monde dans lequel on vit. C’est une liberté qui se prend. Dans mon cas, c’est un peu comme une philosophie de vie, un « memento mori » appliqué à la peinture artistique.

Quand je peins, j’ai un sentiment de liberté et de plaisir, je laisse une trace de mon passage, j’ai l’impression de faire parti du monde. Quand je peins sur toile, c’est plus de l’ordre de la réflexion, presque spirituel. Je suis concentré, absorbé par ma peinture. Les tableaux me permettent de marquer les différentes époques de ma vie. »

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Nous t’avons rencontré pendant une exploration urbaine, ces lieux t’inspirent-ils ?

« Depuis que j’ai commencé, je suis toujours allé dans les lieux abandonnés. Encore aujourd’hui ça correspond à la plus grande partie de ma pratique du graffiti. Ca m’a permis d’apprendre à manier la bomber et d’expérimenter.

L’exploration fait partie d’un tout. Il faut chercher, errer, vagabonder, trouver des spots. C’est une exploration au service du graffiti. Peut-être que si je n’avais pas voulu taguer, je ne serais jamais allé dans toutes ces usines abandonnées ! Au départ je m’en foutais un peu du lieu, je voulais juste pouvoir peindre tranquillement sans avoir trop de soucis. Ensuite, j’ai pris plus de temps pour apprécier l’endroit dans lequel je me trouvais. Réfléchir au contexte dans lequel l’oeuvre s’inscrit.

Les lieux abandonnés permettent de créer une ambiance, lorsqu’ils s’intègrent à leur environnement. Ils abordent une autre dimension artistique, même si ça reste qu’un lettrage ou un perso, le sujet n’est plus le simple lettrage lui-même, mais un tout, la peinture, le lieu, le contexte.

J’aime l’idée que le graffiti ne prétend pas d’être de l’art mais juste du graffiti. Je garde en tête que tout comme nous, cela reste éphémère et que est voué à disparaître… »

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Et le support toile ?

« J’en faisais déjà avant de commencer le graffiti. Le travail sur toile et le graffiti se complètent. Les tableaux permettent de laisser quelque chose de moins éphémère et de plus réfléchi dans le temps.

La toile apporte un support que l’on garde et qui traverse le temps, destiné à être regardé comme une intention artistique. J’essaye de retranscrire des émotions par une peinture à la fois explosive, expressive, contrôlée et appliquée. Je parle de la vie teintée de culture urbaine. Il y a des portraits, des animaux, des objets, des ambiances, des expérimentations… »

Raconte-nous une anecdote insolite d’une sortie peinture…

« A 17 ans, j’ai ressenti une grosse envie d’aller peindre en plein après-midi. J’ai pris mes bombes, mon vélo et me suis retrouvé dans un petit village à peindre devant des passants. Malheureusement le Maire passât par là… je jetai alors mon sac à dos et l’histoire se termina en course poursuite, voiture contre vélo… Fier de m’en  être sorti, je suis rentré chez moi avec le sourire. Pas pour longtemps, quand j’ai réalisé avoir laissé ma carte de cantine dans le fameux sac… Heureusement, tout c’est bien terminé avec le Maire, qui finalement a été plus gêné que moi pour ses réactions démesurées… »

« Restez connecté ! Just Do Art »

DHOA

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Bio artistique : 

  • 2012 : Exposition à l’espace découverte de la galerie manufacture 45 à Rouen (rue des bons enfants)
  • 2013 : Atelier R.P. Mc Murphy, Voxx Populi à Rouen
  • 2014 : Participation à l’exposition Street Art aux Docks 76 à Rouen
  • 2015 : Première expo perso à la boutique concept Ersatz, Rive Gauche à Rouen et une participation aux Veines Urbaines à Saint-Etienne-du-Rouvray

Mathieu MURILLO

Article : Street Art : DHAO - Interview Magazine Mouvements Libres n°2

Réalisation : Mathieu MURILLO et Wanderer

Visuel : DHAO

Photos : DHAO
Mouvances Libres
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