JACIDOREX aka J.REX – Interview : La Techno Libre #06

Présentation et interview d’un artiste underground : « une autre écoute sur la techno qui nous entoure »…


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Nom d’artisteJACIDOREX aka J.REX

Auto-production :  Neoacid

LabelsBangtraxx Records / InterWave (Obs.Cur) / Ketoksid / Narcosis / Kromatones / RDL47 Records / Kobayashi / Hoezo / Pure Analog / Ténébreuse Musique / Komodo Records

StylesNeoacid / Acidcore / Techno / Acid

BPM : 130 – 160 bpm

Localisation : Bruxelles, Belgique


Technographie :

Aujourd’hui c’est un numéro un peu particulier de La Techno Libre que vous allez pouvoir lire et écouter. Non pas par son contenu, ou sa mise en page, mais plutôt par le profil de l’artiste qui a accepté de répondre à mes questions ! Dès l’édito, j’avais engagé que la rubrique porterait sur des musiciens issus de la culture underground française, mais c’était sans compter sur l’influence d’un pays pas si loin de chez nous, un peu plus au nord… Non sans faire dans les clichés : rave, club, ecstasy, frite, bière mais aussi free party ! C’est en Belgique, et plus précisément à Bruxelles, que nous avons rendez-vous.

Plaque incontournable de la scène électronique, la Belgique a rapidement trouvé sa place et a su appréhender la culture rave et ses différents styles de musiques. L’acid house est très vite arrivée aux portes des clubs fin 80’, à laquelle se succède la new-beat acid, style très répandu à cette période. C’est ensuite au tour de la techno, début 90’, de prendre le dessus et de s’installer comme une référence, puis de s’élargir au grand public. La Belgique compte désormais sur ses terres de nombreux festivals à caractères électroniques, composés d’une large palette musicale.
Au milieu des années 90’ le ton se durcit et on entend les premiers morceaux aux tendances gabber, hardcore, mais surtout acidcore ! Le graind acid de la TB-303 se retrouve présent dans de nombreux styles, et s’impose alors comme une référence.

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C’est donc à la fois d’acidcore et de techno, aux  fâcheuses tendances acides, que nous parlerons aujourd’hui à travers la technographie de JACIDOREX, également connu sous le nom de J.REX ! Ce n’est pas d’un artiste issu d’un sound system ou d’un collectif dont nous parlerons, mais plutôt d’un jeune qui décide de créer et suivre sa propre route, à sa manière !
Notre plus jeune compositeur et dj de la rubrique, né durant les prémices du mouvement tekno, s’est littéralement retrouvé envoûté par les sonorités distordues, psychédéliques et acides, produites originellement par le synthétiseur analogique de Roland. Il décide alors de se mettre à la production musicale en s’indissociant des diverses vertues et des nombreuses facettes que la TB lui permet de créer. Ayant du mal à trancher entre la distorsion et la reverb des kicks gras de l’acidcore et entre les synthés plus lents, cinglants et carrés de la techno, Jacidorex s’entiche d’un nouveau genre : la « neoacid ». J’estime qu’il nous en parlera mieux que quiconque en répondant à la troisième question de l’interview !

La discographie de Jacidorex débute en 2015, en produisant un premier EP numérique intitulé NeoAcid sur le label Komodo Records, avec un morceau acidcore à 150 bpm et deux autres morceaux plus lents au rythme techno. Il compose ensuite la track Acid Vortex pour le label italien Pure Analog et signe alors sa première release en support vinyle. En fin d’année, il produit également l’EP digital Discomfort sur RDL47 Records où il propose quatre titres techno acid et participe à une compilation du label Kobayashi avec le morceau Reloaded.

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Début 2016, il sort EP appelé encore une fois NeoAcid, qui sort sur le label belge Bangtraxx Records, avec quatre morceaux aux titres éponymes. J.Rex se conforte dans son idée de proposer une techno lourde, acidifiée au possible, accompagnée par les rythmiques oldshcool de la 909. Il continue alors de jongler entre les 130 bpm et de la techno et les kicks incisifs de l’acidcore tapant dans les 150 – 160 bpm et apparaît sur six vinyles en seulement un an !
On commence par le Ténébreuse Musique 92 où Jacidorex distille une atmosphère sombre et ténébreuse, comme son nom l’indique, puis il enchaine en sortant le huitième opus du réputé label Ketoksid, où l’on retrouve des artistes tels que Gasmask, Drone, Acidolido ou encore Epidemie ! On peut aussi apprécier le très bon featuring Already Dead en collaboration avec Penn-Ak du HoverTank Crew italien, disponible sur le Narcosis 12.
Niveau techno J.Rex propose quatre titres sur le InterWave 04 (sous-catégorie du célèbre et virulent label Obs.Cur), ainsi que sur le label belge Kromatones avec l’EP Astral Projection. Quant au morceau Inside, il paraît sur Hoezo, le sous-label néerlandais de Dyna Records.

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InterWave 04 / Bangtraxx 08 / Pure Analog 01

Après cette année bien chargée, on espère qu’il lui en sera de même pour celle de 2017, déjà bien entamée. Visiblement un vinyle est déjà prévu pour la première sortie du label Berlin Invasion, où il proposera le morceau Emphasys (disponible en preview sur sa page soundcloud). Une possible sortie de la track This is What You Want est à surveiller du côté de… Dune Records (label du sound Epsylonn Otoktone),  où l’on peut notamment entendre la voix lancinante d’Eysia prise d’une ambiance obscure et profonde.
Le morceau Organ Traffic en featuring avec Epidemie, titrera son premier vinyle auto-produit sur son propre label NeoAcid !

En quelques années Jacidorex s’est retrouvé à produire de nombreux morceaux sur les labels qu’il avait comme référence à ses débuts, ce qui lui permit alors de côtoyer les artistes de ses premières heures, à l’occasion des ses multiples prestations en live ! Un parcours assez édifiant que l’on ne manquera pas de suivre les prochains temps…


Musique :

J.Rex & Eysia – This is What You Want

Jacidorex & Epidemie- Organ Traffic (Out soon on Neoacid 01)


Interview :

– Salut J.Rex ! On va commencer dans le vif du sujet, à savoir… l’acid ! Qu’est-ce qui a déclenché chez toi ce dévouement pour cette sonorité psychédélique, au grain unique et si particulier ?

« C’est extrêmement simple. A l’époque, en 2012, mes potes écoutaient de l’acid et du hardcore et je ne comprenais pas trop pourquoi ils kiffaient ça ! Je ne rentrais pas du tout dans le délire, j’étais plutôt drum’n’bass, mais je venais de découvrir la techno et j’étais à fond dedans. Puis à une soirée entre amis, où j’étais plutôt allumé, un pote a mis le live Korps Mekanik de Gasmask… ça m’a emmené tellement loin. J’ai eu une révélation, ce genre de révélation où tu te dis “mais putain, je comprends pourquoi !”. Je me suis réveillé le lendemain avec une obsession : le but absolu de ma vie serait de créer un style hybride, à la rencontre de l’acidcore et de la techno. »

– Côté Belgique, ce style musical est-il est un peu plus “démocratiser” qu’en France ? En club comme en free en party ?

« Alors, démocratisé je ne pense pas que ça soit le terme, mais c’est vrai que ça fait très longtemps qu’il y a des grosses soirées acid en Belgique, plus ou moins tous les mois. Mais bon, quand on voit l’ampleur du mouvement en France cette année, je pense que ca va aller encore bien plus loin qu’en Belgique.
Pareil pour la free party, le mouvement est plus grand en France, peut-être pas au kilomètre carré certes, mais dans l’ensemble. La Belgique possède une scène très variée et a vu l’acid se répandre il y a très longtemps, mais reste un très petit pays, comparé à la France où l’ampleur et l’impact sur le mouvement auront, à mon sens, beaucoup plus d’influence qu’en Belgique, même s’il a pu y trouver sa source. »

– Tu alternes entre des projets acidcore et d’autres plus techno, et ainsi approprié ton propre style : la “neoacid”. Quelles sont les principales caractéristiques de ce nouveau genre ?

« Pour reprendre la définition que je donne en général de la “neoacid”, c’est en gros un mélange d’acidcore et de techno, avec des bons gros kicks et des gros acids, mais avec une structure et un timbre que l’on retrouve plus en techno, un peu le genre de son que je sors en somme. Mais je pense qu’on peut élargir beaucoup plus, ça pourrait contenir pas mal d’artistes similaires dont je m’inspire et qui manient très bien les acids, comme Boston 168, Truss ou Dax J.
La neoacid, comme son nom l’indique, c’est le renouveau de l’acid, qui a eu ses grandes années dans les 90’s et qui aujourd’hui revit plus que jamais. Donc je dirais qu’elle a deux portées : une restreinte, qui veut des codes tels qu’un kick très lourd et indus, des acids très puissants et un bpm tournant autour des 135 bpm, ainsi qu’une portée élargie qui engloberait toute la nouvelle vague actuelle, qui voit revivre l’âge d’or de l’acid. »

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– Parle-nous de ton setup !

« Je n’ai pas un set up de fou malade, loin de là. A la base, j’ai commencé la compo avec mon ordi sur FL Studio. Puis quand j’ai commencé l’acid, j’ai senti la nécessité d’acheter une machine pour les acids et j’ai réussi à trouver une TB-303 à bon prix, mais pour une raison qui reste aujourd’hui obscure, je ne la possède plus… Donc j’ai récemment acheté une TB-03, mais très honnêtement, je n’en suis pas très satisfait… Je crois que je vais donc essayer de retrouver une 303 !
Sinon pour le live, j’utilise Ableton et une APC 40, la base, et une disto MXR pour les acids. Sinon le reste, c’est VST et loops sur Ableton, rien de très sorcier. Mais je crois que ces prochains mois, je vais m’investir un peu plus dans le live, même si j’aime beaucoup aussi les djset. »

– Tu multiplies les prestations dans de nombreuses soirées et festivals, aux côtés d’artistes reconnus à seulement 22 ans ! Te consacres-tu pleinement à la musique, ou mènes-tu une vie un peu plus ordinaire le reste du temps ?

« Non, j’étudie aussi les Sciences Politiques à l’université de Bruxelles, j’aime beaucoup ces études, c’est très intéressant. Je ne sais pas si j’utiliserai ce diplôme plus tard, mais il faut toujours avoir plusieurs cordes à son arc et je ne veux pas faire reposer toute ma vie sur la musique, on ne sait jamais ce qu’il peut arriver. J’aurai peut-être pas les mêmes envies à 35 ans qu’aujourd’hui. Mais sinon, c’est vrai que je consacre beaucoup de temps à ma musique quand même, donc j’essaie de jongler entre les deux disciplines et je crois que j’arrive à me débrouiller, plus ou moins ! »

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– Il y a quelques mois on a pu écouter ton EP sorti sur le vinyle InterWave 04 (sous label d’Obs.Cur). Aurais-tu de futurs projets à nous dévoiler ? Un objectif en particulier ?

« Je suis en train de monter mon label, le premier vinyle Neoacid sortira bientôt ! Sinon, côté release j’ai quelques trucs sur des labels acid et techno, mais rien d’extraordinaire. J’ai un peu démarché dans le passé, en essayant de toucher des gros labels, mais aucun n’écoutait mes sons (on sait voir les vues sur les liens privés soundcloud !), donc j’ai arrêté de faire ça, je me contente de balancer mes sons et de faire plaisir aux gens qui m’écoutent. La seule chose importante pour moi actuellement, c’est de faire la musique que j’aime, et si ça plait aux gens c’est encore mieux ! Ca peut paraitre assez bateau comme phrase, mais je le pense vraiment. »

– Une petite dernière pour la route ! En bon belge qui se respecte, peux-tu nous dire quelle est ta bière préférée ?

« Haha, les bons vieux clichés ! En mode bières de table, la Vedett IPA ou la Delta de Brussel Beer Project sont excellentes, et en mode bières lourdes, même si ce n’est pas très original, la Chimay Bleue me met toujours extrêmement bien. ».


Liens utiles :

Jacidorex : Soundcloud / Bandcamp / Beatport / Facebook
J.Rex : Soundcloud

Wanderer.

Article : J.REX aka JACIDOREX - Interview : La Techno Libre #06

Réalisation : Wanderer

Visuel : Wanderer

Interview : Wanderer / J.Rex aka Jacidorex

Photos : Jacidorex

Musiques : J.Rex, Jacidorex
Mouvances Libres

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