K3RSEL – Interview : La Techno Libre #08

Présentation et interview d’un artiste underground : « une autre écoute sur la techno qui nous entoure »…


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Nom d’artiste :  K3RSEL

Sound System :  ULTIM ATOM CREW

Labels : Ultim Atom Records / 8beatz Records / Advise Records / Pimp’s Tits Records / Oxymor Records

Styles : Electro / Trash / Techno

BPM : 130 – 135 bpm

Localisation : Sud Est


Technographie :

Bienvenue à toutes et à tous dans ce huitième et nouveau numéro de La Techno Libre. Alors que nous nous étions plongés durant quelques temps dans les abysses des fréquences acides de Jacidorex, puis de D@ Soon, c’est un retour brutal vers l’électro que nous allons effectuer aujourd’hui : place aux bass lines écrasantes et aux wobbles rebondissants. C’est avec K3RSEL du sound system ULTIM ATOM que nous avons pris rendez-vous ! Organisateur, deejay, producteur et compositeur, nous aurons affaire à une personnalité multi-facettes, pionnier de ce mouvement qui nous est cher.

Alors que le teknival de 2017 à Pernay s’est achevé il y a seulement quelques jours, faisons un retour en arrière d’une vingtaine d’années… 1995, nous voici au second teknival de Fontainebleau. Le mouvement free party vivait ses prémices, à l’aube d’une double décennie qui s’annonce riche en confrontations et en répression, mais qui concrétise aussi, et surtout, l’émergence d’une culture qui a su véhiculer ses propres valeurs : partage, autogestion, acceptation d’autrui… Pris dans la mouvance électronique naissante ainsi qu’à travers un style expérimental et futuriste pour l’époque, ladite techno est au coeur de l’expression artistique et musicale de ce mouvement, alors méconnu.

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Ultim Atom Crew

C’est donc dans ce contexte que K3rsel vit ses premières expériences avec la free party et c’est ainsi le début de sa grande “aventure électronique”. Les choses sérieuses commencent deux ans plus tard, dès 1997, il commence à acheter ses premiers sceuds et se met à mixer. Dans le même temps, avec deux de ses amis, le collectif et sound system Ultim Atom est créé.  C’est parti pour de nombreuses années de vadrouille, à sillonner l’Europe et la France entre teuf et teknival. Ses diverses rencontres vont l’amener à fréquenter et à jouer avec certains sound systems tels que : DZ, Troubles Fête, Furious, Epsylonn, Mackiz’arts, Biobananas ou encore Teknocrates.

Après être passé par de nombreux et différents styles musicaux derrière les platines (hardcore, hardtek, acid ou drum’n’bass), il s’oriente petit à petit vers un style plus épuré, moins agressif et propose une électro qui mêle ses diverses influences. En tournant et retournant ses vinyles dans tous les sens possibles, c’est en 2009 que K3rsel décide un jour de se mettre à la composition et ainsi d’exprimer sa propre vision de la musique électro. Il ne range pas ses platines pour autant, mais direction l’ordinateur et la MAO, via le logiciel Ableton.
Suite à la petite bio, place à la technographie.

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Quelques années s’écoulent, et c’est en 2013 que K3rsel finalise la sortie de son tout premier EP ! Good Trip sort donc en format digital sur le label 8beatz Records, où notre artiste signe quatre morceaux originaux, définitivement électro ! L’année qui suit, il sort un nouveau titre intitulé Voltage, sur ce-même label.
Nous sommes toujours en 2014, et c’est sur le label Advise Records dont nous avons beaucoup parlé dans le numéro précédent (La Techno Libre #07), que K3rsel sort son deuxième EP en solo avec les morceaux Out of Order et Teknao, tous deux à 135 bpm.
En 2015, c’est chez Pimp’s Tits Records que le morceau Don’t Stop paraît, toujours en format digital et donc en téléchargement.

Une fois que l’on goûte aux joies de la composition, et que la production d’albums ou de pistes devient usuelle, il est difficile d’arrêter la machine ! 2016 va alors sonner comme une année riche en rebondissements.
K3rsel débute comme à son habitude et propose le morceau Toujours tout Droit, chez Advise Records pour la sortie de  l’album Pheromone.
Ensuite, notre compositeur atterrit sur deux vinyles : le premier chez Pimp’s Tits Records où le featuring avec Trackwasher donne tout bonnement le titre K3rwasher, puis le second sur le label récurrent de notre rubrique, Oxymor Records, pour le cinquième et double opus avec le morceau Time’s Up. On a d’ailleurs pu retrouver K3rsel sur des deux derniers XMAS de décembre 2015 et 2016, avec les morceaux : XMassive et Brainwash !

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Pimp’s Tits Records / Oxymor Records / Advise Records

S’en suit à présent l’instant crucial. C’est en juillet que le label Ultim Atom Records est fondé à l’effigie du sound system, en produisant le premier EP Connection avec un très bon remix de S3B Troubles Fête. A la fin de l’année, un second EP fait son apparition avec la track Colours et c’est cette fois-ci au tour de Resh.G de proposer un remix.

Nous voici déjà en 2017, et l’année a commencé par la sortie d’un troisième EP sur le label Ultim Atom, où l’on peut retrouver cette fois-ci des remixeurs comme Moshé Galactik, Gelstat et Pedro Delavega autour du morceaux Kick Some Ass !

Faisons tout de suite place à la sélection musicale, dotée d’une attention spéciale à Mouvances Libres, qui ne peut que nous réjouir. K3rsel nous offre une exclusivité pour la sortie de ce numéro de La Techno Libre ! Retrouvez le morceau bonus A Star is Born, en tête de liste ci-dessous ! Merci à lui.


Musique :

PREVIEW EN EXCLUSIVITE POUR MOUVANCES LIBRES
K3rsel – A Star is Born (Out soon on…)

K3rsel – Don’t Stop (Pimp’s Tits Records)

K3rsel – Out Of Order (Advise Records)

K3rsel – XMassive (Oxymor Records)


Interview :

– Salut K3rsel ! Tu as fréquenté les free parties aux prémices du mouvement, dès 1995. Quelles ont été tes premières impressions lorsque tu as découvert cet univers ? As-tu des souvenirs en particuliers à nous faire partager ?

« En 1995, ma première soirée underground n’était donc pas une free party, mais un teknival (Teknival de Fontainebleau), alors autant te dire que je suis rentré direct dans le vif du sujet. Je suis arrivé dans ce teknival avec 3 ou 4 de mes potes et nous avons dansé quasiment toute la nuit sans interruption, avec des étoiles plein les yeux : en plein kiff ! Il devait y avoir 4 ou 5 sound systems et 150 personnes devant chaque son, ça reste un souvenir unique.
J’ai aussi le souvenir d’une free party Impact Teknokrates, le 14 septembre 1996. Ils avaient fait une fête en hommage à leur pote décédé  (P.Toinou),  cette soirée avait  été magique. On avait un peu l’habitude avec les Impact Teknokrates à des teufs de dingue, mais ce jour-là c’était encore autre chose, un cran au-dessus. »

– Quelles ont été tes principales motivations lorsque tu as décidé de passer de l’autre côté du mur, pour ainsi devenir deejay et organisateur d’événements ?

« Je pense qu’au début c’était simplement pour essayer, on n’y connaissait rien et avec deux potes on a commencé à acheter des platines ETP et une table de mixage Gemini. Il nous manquait juste un endroit pour s’exprimer, j’ai donc demandé à mon père si on pouvait s’installer dans la cabane de jardin et on est resté dans cette pièce de 7m² pendant presque 1 an, à y aller tous les soirs pour mixer. »

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– Parle-nous un peu plus de ton sound system, Ultim Atom Crew !

« Toujours avec mes deux potes (Ludo et Driss) on avait notre rituel du week end, on partait fin de matinée sur Paris pour faire les disquaires techno de l’époque (Hokus Pokus, KGB, Techno Import, etc.) et on revenait dans notre cabane pour mixer nos nouveaux vinyles en attendant l’infoline de la soirée, et ça tous les week end !

Après plusieurs mois à apprendre à mixer et à cumuler des vinyles, on a commencé à faire des petits calages de 20-30 personnes, qui se sont transformé en des calages de 100-150 personnes. C’est de là qu’on a commencé à faire des flyers, investi dans du matériel et que l’histoire a commencé. »

– Tu es passé par différents styles électroniques en étant derrière les platines, pour enfin te stabiliser sur un style résolument électro techno, un chouilla dirty. Quel a été l’élément déclencheur qui t’as décidé à te lancer dans la composition de ton propre univers ?

« J’ai eu une période où je trouvais plus trop de son qui me faisait vibrer, je pouvais rester 2 heures à écouter des sons sans rien trouver. C’est à partir de ce moment que j’ai eu envie de créer mes sons, j’ai commencé sur le logiciel Reason de Propellerhead pendant quelques mois, mais j’ai vite trouvé ça limité et je suis donc passé naturellement sur Ableton Live. »

– Tu composes sur ton ordinateur avec le logiciel Ableton Live. Possèdes-tu des machines hardware qui complètent ton setup ?

Pour le moment je travaille que sur Ableton avec pas mal de VST, mais je suis sur le point de franchir le cap en voulant acheter un synthé. Je regarde des synthés comme le Korg Minilogue, Korg MS 20, Arturia Mini-Brute… D’ailleurs s’il y a des avis, je suis preneur !

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– Trois ans après ta première release chez 8beatz Records, tu décides de créer le label Ultim Atom Records, à l’image de ton sound system. Quelle est la ligne directrice et musicale de ce projet ?

« Après une quinzaine de morceaux réalisés et pas mal de bons retours, j’ai voulu créer le label Ultim Atom Records pour tout simplement partager mes sons tout en invitant des artistes qui me font kiffer. Même si les trois premières sorties du label sont plus orientées électro techno, il n’y a pas tout à fait de ligne directrice, il faut juste que la musique soit bonne ! »

–  Tu nous offres une piste en exclusivité à l’occasion de la sortie de cet article, et nous t’en remercions ! Quand est-il de tes futures releases ? As-tu déjà certains booking de programmés ?

« Je suis également très content de partager avec vous un extrait de mon prochain morceau, qui devrait sortir en vinyle sur un nouveau label. Comme on peut le deviner avec le titre et la pochette, ce morceau est une petite dédicasse pour mon chien qui nous a quitté il y a peu de temps. J’ai également un EP à finir pour le label Oxymor et je travaille aussi sur la prochaine sortie du label Ultim Atom Records. »

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–  Une dernière pour conclure : saurais-tu nous donner ton ressenti sur l’évolution de la musique techno dans la culture free party depuis ses débuts ?

« C’est assez difficile, car très subjectif mais je vais jouer le jeu et donner mon ressenti.
Pour ma part je trouve que la musique à évoluer depuis 15-20 ans, mais vraiment trop timidement. Lorsque qu’on écoute des vieux morceaux de techno, house ou drum’n bass, il n’y a pas eu de révolution musicale et pourtant les softwares et hardwares qui servent à concevoir cette musique électronique ont énormément innové, donc je pense que la musique techno possède encore de la marge pour évoluer.
Cependant ce qui a bougé ce sont les styles de musique avec l’émergence de l’électro dirty, du dubstep, de la trap ou encore de l’électro swing. »


Liens utiles :

K3rsel : Soundcloud / Beatport / Youtube

Wanderer.

Article : La Techno Libre #08 : K3RSEL
 
Réalisation : Wanderer

Visuel : Wanderer / Ultim Atom Records

Interview : Wanderer / K3RSEL

Photos : K3RSEL / Bass Expression

Musiques : K3RSEL
Mouvances Libres

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