« L’IMPORTANT EST DE NOURRIR CETTE PERSONNALITÉ (…) JE N’AI PAS PEUR DE ME PERDRE » DRONE PRODUCTEUR DE DUNE RECORDS

Le label techno Dune Records fête ses 10 ans cette année…


Dune Graphisme Neil Dravaf

Graphisme : Neil Dravaf

Le label techno Dune Records fête ses 10 ans cette année. Fondé par Drone et Acidupdub (issus de Epsylonn Otoktone Soundsystem / KGB). Retour sur une rare interview par l’un d’eux : Drone aKa 909 Résistance. Interview à chaud réalisée à la fin de son liveset au festival expérimental allemand à 1 heure de Berlin : FREQS OF NATURE en juillet 2017.
L’interviewé sera en tournée sous 909 Resistance le 15/09/2018 : première date en Finistère 
(lien événement Facebook), puis le 21/09/2018 à Nantes (lien événement Facebook).
Retrouvez tout l’univers artistique et production de Dune sur  le site http://www.dune.com et sur Facebook de Drone Epsylonn, Dune Records et Acidupdub (dont on retrouve également pour ce dernier, des compositions pressées chez Zodiac Records).
Pour retrouver les dates de concerts, uploader les morceaux en ligne mp3 et acheter des vinyles : https://dune-records.com et sur Facebook.
Pour info vous pouvez relire l’article sur le festival Koalition en février 2018 où Drone & Acidupdub ont joué : ReportLive – Acidcore Edition

Entretien / photos : Yanna Robert

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Live Drone au Festival experimental allemand « Freqs of Nature  » Edition 2017 ©Yanna Robert

– Spontanément, dites-nous ce que vous ressentez après avoir joué ce live et votre ressenti du public ?       

« Je suis content d’avoir joué ici. Cela me fait plaisir de jouer dans un lieu comme celui- ci, qui est représentatif de l’underground allemand. C’est une scène très créative. C’est même un honneur de pouvoir faire de la musique ici. Le public a été, comme souvent dans les pays du nord, très réceptif. Super attentif. »

– Plus que attentif, même en transe !                                                                                       

« Oui c’est plaisant ! »

– On vous connait sous un autre nom « 909 RESISTANCE », est-ce cet autre qui est en vous, une part inconsciente influencée du concept de Bowie ?  

« Pas vraiment, mais David Bowie c’est quelqu’un que j’affectionne énormément, après de m’ être inspiré… Je vois cela comme séparer des volets de soi-même. Diviser les personnages, histoire de ne pas perdre les gens non plus. Pouvoir suivre d’autres courants, envies…. Je ne sais pas quoi répondre à cela. »

– Quand vous parlez des gens, est-ce qu’ils arrivent à vous suivre dans ces deux entités : musicalement et votre façon de penser ? Quelle est à la différence entre les deux ?  

« La différence est que 909 Résistance tape plus dans le techno, un peu plus propre, moins organique. Avec 909 Resistance je peux faire d’autres projets que sous Drone, que les gens n’auraient pas forcement compris. Maintenant les gens qu’ils suivent ou qu’ils ne suivent pas, ceux qui étaient intéressés par ce que je faisais sous Drone trouveront toujours quelque chose dans 909 Résistance. Parce que l’esprit est un peu le même en fait. La techno y est juste plus lente que sous Drone. Je pense que les gens qui y ont adhéré vraiment au concept de Drone ne seront pas complètement perdu avec 909 Résistance. »

– 909 Resistance vient du nom de la 909 Roland machine utilisée dans la musique disco, pouvez-vous nous éclairer ?  

« La TR 909 Roland est une boite à rythme de légende, 909 Résistance est un clin d’oeil à la TR 909 de Roland . »

– Est-elle le cœur de vos morceaux ? 

« Elle est le cœur rythmique, mais je ne me sers pas que d’elle. Mais c’est vrai que c’est une boite à rythme qui a marqué le monde de la techno, le disco et l’acid house dans ses débuts. »

– La couleur de votre live set était très disco justement, très dansant, des membres du publics sont venus vous voir à la fin, dont une bretonne qui vous a reconnu !

« En fait je suis breton d’adoption, né en Ardèche j’ai grandi en Bretagne depuis mes 7 ans, mes amis viennent de Bretagne. Concernant le rythmique, la 909 apporte beaucoup d’attaque, de la puissance. »

– Vous rentrez dedans, vous imposez votre truc direct, le public ne s’ennuie pas ! 

« C’est ça, pour que la rythmique soit attractive et pouvoir divaguer sur les sons moins dansants afin que cet appui là donne quelque chose de disco afin que cela accroche les gens. »

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Les décors de Freqs of nature réalisés par une trentaine de nations d’ouvriers ©Yanna Robert

– Est-ce que de temps en temps vous regardez le public pour vous mettre sur la voie de la composition ?

« Il n’ y a pas de composition en direct, je fais du mixage. Ce qui est de l’attention au public c’est vrai que lorsque l’on est prit à cela, on n’a pas vraiment le temps de regarder autour de soi. Il faut le faire, mais cela demande une autre concentration : se concentrer sur le public pour pouvoir savoir où je les amène. C’est vrai que les réactions du public vont avoir un impact sur la façon dont on va jouer. Si l’on sent que le morceau a une accroche, on va leur en donner… leur en donner… leur en donner. On va rallonger pour rester dans cette souche là. Si un à autre passage on les voit un peu se retirer ou divaguer un peu,  hop ! On passe vite fait à autre chose. »

– Vous êtes également producteur d’artistes internationaux, n’avez-vous pas peur de vous perdre à force d’écouter les autres et avez-vous du temps pour vous, pour composer ?

« J’ai toujours été assez fainéant, je ne compose pas trop, mon temps de production est court sur une année. Sur une année complète je vais passer la moitié du temps dans un studio. Comparé aux artistes qui passent les 3/4 du temps, qui ne font que cela. J’ai tendance à mettre le studio de côté. »

– Mettre de la distance avec tout cela mais aussi peut-être inspiré par les artistes que vous écoutez en tant que producteur, vous vous éparpillez pour mieux vous retrouver ?

« Vous l’expliquez très bien , en tant que musicien, enfin musicien … »

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Live Drone UBU Rennes 2017 ©Yanna Robert

– Le terme est juste ! Vous êtes guitariste, batteur à la base  ?                                              

« Je l’ai été quand j’étais jeune, je ne suis pas vraiment un musicien pur, mais je suis un musicien de la techno. Quand on est musicien, la voie à suivre est d’écouter les autres. Oui, c’est sûr il faut se concentrer sur sa touche, avoir quelque chose de personnel, mais il est important de nourrir cette personnalité. On ne se nourrit pas comme ça par soi-même. L’homme est fait pour répéter, refaire des choses qu’il apprend, qu’il entend. Après, c’est l’interprétation à sa manière qui fait que l’on est différent. Je n’ai pas peur de me perdre du tout. C’est encore plus de plaisir de mettre cela sur le plan professionnel. J’écoute beaucoup de musique, mais j’en écoute encore plus, je me force à écouter pour pouvoir produire des gens et avoir la démarche de trouver quelque chose qui me plait. C’est que du bonus. »

– Quel est votre plaisir musical coupable ?

« Coupable… Kylie Minogue « Can’t get you out of my head » et Marylin Monroe la chanson des « diamonds », ce sont deux chansons que j’aime bien c’est mon petit plaisir. Plaisir coupable ! »  (il s’esclaffe)

– Vous avez fait parti d’un groupe (techno) Epsylonn Oktoktone, qui a une certaine notoriété au point qu’un musicologue conférencier Guillaume Komiscki vous cite dans son ouvrage « Free party une histoire des histoires » (édition Le mot et le reste). Il écrit que votre groupe « a fait preuve de la même ferveur que les ainés »  (Spiral Tribe). Qu’est-ce que cela fait d’avoir 17 ans avec une bande de copain et de se retrouver plus tard dans un ouvrage d’étude ?  

« On a fait parti d’un paysage culturel pour beaucoup de gens. Ce que nous voulions transmettre a été transmis. On est pour beaucoup de gens de jeunes, ou festivaliers de raveurs appelez ça comme vous voulez. Au final on a fait un bout de leur vie, un bout de leurs émotions c’est de la reconnaissance. On a été au bout, on continue à le faire plus tranquillement avec moins de niak qu’il y’a 10/15 ans, mais avec toujours le même objectif. »

– Vous avez su vous détacher de ce groupe et vous vous renouvelez alors que d’autres on beaucoup de mal comment expliquez-vous cela ?  

« C’est dans ma nature en fait. J’aime bien être dans un groupe mais j’aime aussi mon indépendance, mon autonomie. Du coup, je n’ai pas envie de créer ma vie du fait que je sois issu d’un groupe, par contre le fait d’être dans un groupe a crée ma vie aussi. »

– La presse américaine parle de votre production dans  « Igloo » magazine le 25/06/2017 dernier. Elle vous désigne par cette interrogation un peu ambiguë : « Dune Records french techno » ? Qu’est-ce qu’ils entendent par là d’après vous ?  

« Il faudrait leur demander… la musique que l’on fait n’est pas forcement inspirée d’artistes français, cela s’en ressent. La musique de Dune n’est pas de la musique française. C’est un label français basé en France. Moi la French Touch ça me parle pas. La musique est universelle, on peut reconnaitre du punk anglais, du punk américain. La techno de Dune d’artistes français sur vinyle Dune, oui on peut dire « French techno », mais le label ne produit pas que cela. C’est un label qui produit un style européen. »

– Au delà de produire, de composer et de vous produire sur les scènes en Europe, vous a t-on déjà proposé de composer des musiques de films, ou documentaires, etc, ce type d’exercice vous plairait-il bien ?                                                                                

« On m’a déjà proposé de composer une bande son techno sur des enregistrements ethniques. C’est un rockeur français qui parcourt la planète, qui souhaitait un mix techno. Après faire des musiques d’ambiance, je ne sais pas. Vu le temps que je passe en studio, je préfère me consacrer à la musique que je fais . »

– Pourtant avec ce type d’exercice vous pourriez vous adapter à un thème, un univers tout en gardant votre touche cela pourrait être intéressant. 

« Ah oui le fait de re-mixer des bandes de d’autres artistes cela permet d’avoir d’autres objectifs, cela peut-être quelque chose de très intéressant. Mais ce n’est pas une chose que l’on m’a spécialement proposé. Pour le moment je n’y réfléchi pas, mais si on me le propose pourquoi pas. »

– Qu’est-ce que l’on peut vous souhaiter en tant que liver et producteur ?                   

« Que cela continue, encore plus, que cela dure longtemps. Et que j’ai l’énergie, l’argent pour le faire, la passion . Que tout cela ça reste, trouver le temps de faire. »

– Le mot de la fin «  dansez maintenant » ?  

« Huuum oui « dansez maintenant  »   et profitez de la vie ! »

Article : « L’IMPORTANT EST DE NOURRIR CETTE PERSONNALITÉ (…) JE N’AI PAS 
PEUR DE ME PERDRE » DRONE PRODUCTEUR DE DUNE RECORDS

Réalisation : Yanna R.

Photos : Yanna R.

Interview : Drone Epsylonn

Mouvances Libres

 

 

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